Les Robinsons des Champs-Elysées 

Le ciel de Leyenda

champs-elysées

C’était au crépuscule. Sur un refuge des Champs-Elysées, nous étions huit à tenter vainement de traverser le milieu de l’avenue. Un double et dense courant d’automobiles nous barrait la passe. Il était infranchissable parce qu’à la fois montant et descendant.

A l’horizon, nul agent. Sur cet îlot battu par le flot furieux, nous étions vraiment des naufragés. Au centre, un réverbère érigeait un feu vert sur son stipe de bronze. C’était notre palmier, notre unique arbre. 

Une femme lasse, un vieillard cassé, s’étaient écroulés, à bout de courage et d’espoir, sur un banc de roc qui s’arrondissait à l’extrémité de l’île. Les minutes et les autos passaient avec la même continuité. 

pietonUn homme — sans doute quelque fol amant fasciné par le rendez-vous — voulut se jeter à la mer. Ce fut tragique. Par quel miracle de l’instinct, par quelle esquive de toréador, par quel escamotage de lui-même parvint-il à éviter la meute farouche des capots ? Je l’ignore encore. Mais il…

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