Le P2P, alternative à la centralisation de nos données ?

François Taïani est professeur à l’Ecole supérieure d’ingénieurs de Rennes et à l’université Rennes I et chercheur à l’Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires et est un spécialiste des systèmes répartis à grande échelle, c’est-à-dire des systèmes P2P. Ce n’est pourtant pas ceux-ci qu’il commence à évoquer sur la scène du colloque consacré à “la politique des données personnelles : Big Data ou contrôle individuel” organisé par l’Institut des systèmes complexes et l’Ecole normale supérieure à Lyon le 21 novembre 2013.

“On estime à quelque deux milliards le nombre d’êtres humains qui participent aux réseaux sociaux sur la planète. Des réseaux éminemment centralisés, dans lesquels nous ne sommes pas maîtres de grand-chose. Le scandale de la NSA comme la multiplication des modifications unilatérales des conditions d’utilisation de ces systèmes – Facebook a récemment décidé d’interdire aux utilisateurs de refuser d’apparaître dans les résultats de recherche – montrent combien cette centralisation est devenue un piège pour l’espionnage de masse”, qu’il soit le fait des Etats ou d’entreprises privées comme les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon…).

La puissance de l’internet industriel

Pour expliquer comment nous sommes tombés dans ce piège, l’informaticien en revient à l’histoire de l’informatique elle-même (voir sa présentation .pdf). Pour permettre aux ordinateurs de discuter entre eux, les programmeurs ont imaginé des serveurs sur lesquels installer programmes et données. C’est la logique clients-serveurs qui a nécessité le déploiement d’une infrastructure très importante pour permettre aux grands services de l’internet de fonctionner, pour permettre de répondre à des milliards de requêtes quotidiennes. Mais cette infrastructure a généré une situation très déséquilibrée. Les Gafa sont désormais à la tête d’une puissance de calcul, de stockage et d’information sans précédent. Tant et si bien qu’il est devenu difficile de créer des solutions alternatives…

L’architecture de Google aujourd’hui, c’est quelque 60 000 requêtes de recherche par seconde, soit environ 5 milliards de requêtes par jour sur son seul moteur (voir également cette liste de chiffres plutôt à jour) . Google, c’est 13 centres de traitements de données dans le monde, soit environ 1 million de serveurs selon des estimations qui se basent sur la consommation énergétique du groupe, des photographies aériennes… “Créer un moteur de recherche aussi puissant que Google nécessiterait donc de savoir programmer 1 million de machines…” Pas si simple, reconnaît l’informaticien, même si Google a créé des programmes pour cela.

Google propose donc un nouveau “paradis” de l’information… un paradis qui coûte énormément d’argent à produire et qui, paradoxalement, propose des services totalement gratuits. Cela s’explique parce que ce paradis est bâti sur une face sombre : les 46 milliards de chiffres d’affaires de Google proviennent à 95% de la publicité.

L’avenir de Google, une société fondée il n’y a que 16 ans, est de suggérer aux gens ce qu’ils auront envie de faire. Les réseaux sociaux sont gratuits, car nous ne sommes pas l’utilisateur, mais le produit, un produit toujours plus accessible à mesure que les algorithmes se sophistiquent et emmagasinent nos données et informations. “Récemment Amazon m’a proposé de télécharger gratuitement les musiques de CD que j’avais acheté en 2007 ! Des musiques que je ne me souvenais même pas d’avoir acheté et dont je ne disposais plus même plus physiquement !” Un exemple qui illustre bien que nos relations aux Gafa sont déséquilibrées… Et le sont de plus en plus à mesure que leurs capacités de calculs, de stockage et de traitement se développent.

L’alternative P2P est-elle possible ?

Dans ce contexte, il n’est pas si évident d’imaginer des alternatives. Pourtant, si on en revient à l’origine qui nous a conduits à cette situation, la séparation clients-serveurs n’était pas obligatoire, rappelle le chercheur. On peut avoir des machines individuelles qui font les deux. C’est le principe même du P2P, du pair à pair. Le P2P est né dans les années 90 pour des services de partage de musique comme Napster. On les a utilisés pour du partage de données statiques ou pour partager de la vidéo ou de l’audio… rappelle François Taïani. Mais peut-on les étendre aux réseaux sociaux, à des outils de recommandation, à la diffusion de contenu tout en faisant qu’ils protègent mieux la vie privée des utilisateurs que le modèle client-serveur ?

La recommandation est possible sur un réseau P2P, estime l’informaticien. On peut imaginer des systèmes qui puissent apprendre d’autres utilisateurs proches par des mesures de similarité, notamment en s’appuyant sur la recherche d’amis d’amis, car quand on apprécie quelqu’un ou quelque chose, bien souvent on apprécie aussi ses amis ou ce qu’ils apprécient. Pour la diffusion de contenus, on peut s’appuyer sur des typologies évolutives qui permettraient par exemple de diffuser l’information que vous appréciez à vos proches et celle qui vous plait le moins à des utilisateurs plus éloignés de vous…

Reste que la protection de la vie privée, elle, n’est pas nécessairement plus simple avec les réseaux distribués. “Qui sait avec quelle machine nous échangeons dans un réseau P2P ?”, questionne le chercheur. Peut-on lui faire confiance ? Cette question est aujourd’hui un champ de recherche assez actif, mais qui ne propose pas de solution encore concrète, autre que d’utiliser des solutions déjà existantes, comme celles d’introduire du bruit ou des systèmes de protection traditionnels, comme le cryptage…

A l’heure de la surveillance de masse, les réseaux sociaux décentralisés apparaissent comme une timide promesse, comme le montrent certaines esquisses de solution à l’image d’Owncloud, un système pour créer son propre Cloud, FreedomBox, le projet lancé par Eben Moglen pour promouvoir l’utilisation de serveurs web personnels pour fournir des services distribués, ou Diaspora, le projet de réseau social distribué… “Reste que si on veut l’envisager à grande échelle, ce modèle pose la question de son modèle économique. Qui va fournir les machines ? Les logiciels ?…” Le modèle économique publicitaire n’est-il pas un moindre mal, même si, comme l’explique l’économiste Daniel Kahneman dans Système 1 / Système 2 : les deux vitesses de la pensée (LIEN), la publicité nous manipule à notre insu ? Peut-on imaginer d’autres modèles monétaires distribués à la bitcoin, plus vertueuses, comme le propose la monnaie cup imaginée par Laurent Fournier ? Une méthode permettant de proposer à un auteur des revenus limités et fixés à l’avance, avec un prix dégressif dans le temps à mesure que l’on consomme le contenu…

Reste que ces systèmes n’interrogent pas forcément la collecte de données et sa diminution. La rendre distribuée plutôt que centralisée la rend certes un peu plus difficile à rassembler, mais pas impossible… Et ces perspectives nous renvoient à une sempiternelle question… “Quel est donc le web que nous voulons ?”

Ce qui est sûr, c’est qu’à mesure que les Etats et les Gafa le façonnent, la réponse à la question semble toujours plus nous échapper…

Hubert Guillaud

source = http://www.internetactu.net/2013/12/06/le-p2p-alternative-a-la-centralisation-de-nos-donnees/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+internetactu%2FbcmJ+%28InternetActu.net%29

===

https://raimanet.wordpress.com/2013/08/14/axcrypt-solution-de-cryptage-data/

https://raimanet.wordpress.com/2013/07/11/pgp-openpgp-gnupg-webpg/

https://raimanet.wordpress.com/2013/07/20/enigmail-solution-de-cryptage-courriel/

https://raimanet.wordpress.com/2013/06/20/protegez-vous-de-prism/

 

Les juges, ça ne sert à rien !

Les juges, c’est bien connu, ça ne sert à rien.

C’est en tout cas ce que démontrent une fois de plus nos grassouillets sénateurs qui viennent d’adopter l’article 13 du fameux projet de loi sur la programmation militaire.

Si comme moi, le charabia juridico-politico-bullshit ne vous parle pas, voici un résumé clair et en quelques points de ce qu’est cet article 13.

  1. Cela concerne la collecte (en temps réel ou non) des données que nous échangeons sur le net.
  2. Ce sont les agents du ministère de la Défense, du ministère de l’Intérieur et du ministère des Finances qui auront le droit de collecter ces données.
  3. Ces données seront récoltées via les FAI ou via les services en ligne auxquels vous confiez vos infos (webmail, réseaux sociaux…etc).
  4. Cette collecte ne sera pas ciblée sur des personnes, mais sera massive (NSA style)
  5. Pas de juge, c’est la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS) qui nommera un type qui sera seul à décider si une collecte de données est justifiée ou non. À noter que le CNCIS choisira ce gugusse parmi une liste proposée par le 1er ministre. Aucune indépendance donc.
  6. C’est le président de la République qui nomme le président du CNCIS. (Là vous pouvez tomber de votre chaise)
  7. Personne n’a le pouvoir de contrôler ce que fait le CNCIS.
  8. C’est la CNCIS qui décide de quand arrêter la collecte de données.
  9. Tout sera interceptable… infos de géolocalisation, infos de connexion, infos sur les terminaux, infos sur les gens contactés, date et durée des échanges…etc.

Bref, ça va être la fête du slip au pays des abus et des débordements. Ce qui vient d’être voté est une validation pure et simple du concept de Big Brother dans toute sa noirceur. En pleine polémique NSA, on s’aligne sur les Américains.

Comme vous vous en doutez, la CNICS sera aussi indépendante du pouvoir en place que peut l’être Tatayé de son marionnettiste. Le CNCIS ne sera qu’une boite noire qui va permettre aux personnes de pouvoir d’avoir encore plus de pouvoir. Je peux comprendre que la France veuille se donner d’un meilleur système de renseignement, mais là, il s’agit pour notre gouvernement de balayer les libertés individuelles et concevoir un process de validation totalement opaque, incontrôlable et soumis à une poignée d’élite. Cette élite va pouvoir autoriser tous les abus sans répercussions possibles.

Je vomis ce gouvernement, ces sénateurs qui ont voté cette merde, la CNIL qui fait son cou-couche panier traditionnel et notre ministre en charge de l’Économie numérique qui laisse faire et ferme les yeux. Honte à vous !

Pour rentrer un peu plus dans les détails, je vous invite à lire l’excellent dossier de PcInpact.Ps : Le chiffrement est notre seul ami.

source = http://korben.info/les-juges-ca-ne-sert-rien.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+KorbensBlog-UpgradeYourMind+%28Korben%27s+Blog+-+Upgrade+Your+Mind%29

Le Sénat confirme la collecte des données internet en temps réel sans juge

SNOWDEN N’A SERVI À RIENSNOWDEN N’A SERVI À RIEN : L’état fasciste français va mettre en place tout à fait légalement un PRISM bien français !

Ce sont vos élus qui en ont décidé !

En effet, les sénateurs ont adopté le mardi 10 décembre 2013 l’article 13 du projet de loi de programmation militaire, qui organise la collecte de données en temps réel sur les réseaux internet par les services de renseignement français. Le seul contrôle de légalité sera opéré par une Commission de trois personnes, dont le président est désigné par le chef de l’État.

===

Le Sénat confirme la collecte de données en temps réel sans juge

http://www.numerama.com/magazine/27…

Guillaume Champeau – publié le Mardi 10 Décembre 2013 à 20h28

Comme attendu, les sénateurs ont adopté mardi soir l’article 13 du projet de loi de programmation militaire, qui organise la collecte de données en temps réel sur les réseaux par les services de renseignement français. Le seul contrôle de légalité sera opéré par une Commission de trois personnes, dont le président est désigné par le chef de l’État.

Sans surprise et en pleine cohérence avec l’objectif du Gouvernement d’obtenir une adoption du texte au pas de charge, les quelques sénateurs présents dans l’hémicycle mardi soir ont adopté l’article 13 de la loi de programmation militaire, qui autorise l’État à collecter des données en temps réel sur les réseaux des opérateurs, dans un cadre vaste qui n’est soumis à aucun contrôle judiciaire.

Dès son discours introductif du débat, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian avait tenu à souligner ce qu’il voyait comme un dispositif « équilibré », nécessaire à la modernisation des moyens de sécurisation de l’Etat. De son côté, le rapporteur Jean-Pierre Sueur (UMP) s’en est pris aux « majors du web » qui ont attaqué cet article, comme nombre d’organisations, y compris le Conseil National du Numérique. « Nous leur disons qu’il serait bien qu’ils balayent un peu devant leur porte. Ces majors du web ont d’abord nié avoir fourni des informations à la NSA et au programme PRISM ».

Les sénateurs ont donc rejeté l’amendement de Mme Corinne Bouchoux (Ecologiste), qui demandait la suppression pure et simple de l’article 13, notamment car « la CNIL n’a pas été saisie pour avis de cette disposition et n’a pas été en mesure de donner sa position au regard de la protection de la vie privée ». Il faut « rouvrir le débat sur la surveillance des données numériques en France et le dispositif des interceptions de sécurité ainsi que sur les garanties offertes pour la protection des libertés fondamentales », a-t-elle demandé, en vain.

« Notre grande volonté est d’obtenir un vote conforme, pour que notre armée ait un budget au 1er janvier », a répliqué Jean-Louis Carrère (PS), président de la commission de la défense, qui assure que le texte est plus protecteur que le projet de loi initial. « Le dispositif est plus adapté, mais aussi plus protecteur pour les libertés publiques », à travers le contrôle de la Commission Nationale de Contrôle des Interceptions de Sécurité (CNCIS). Un argumentaire qui peine à convaincre quiconque regarde le dispositif en détails, notamment parce que la CNCIS n’est composée que de trois personnes, dont 2 parlementaires.

« C’est un texte de production sénatoriale que le Gouvernement a soutenu », a confirmé le ministre Le Drian. « C’est un débat tardif. Quelle accélération un peu particulière », a-t-il ajouté en feignant la surprise.

Le Sénat a aussi écarté les deux amendements de Pierre Herisson (UMP), qui visaient d’une part à limiter les méthodes de collecte des données en empêchant la très vague « sollicitation du réseau », et à faire peser l’intégralité des coûts sur l’État.

source = http://www.mai68.org/spip/spip.php?article6389

L’Etat doit cesser de livrer ses systèmes informatiques aux intérêts américains

Depuis plusieurs mois, les révélations sur l’espionnage généralisé de la population et des officiels français par les services secrets américains via la National Security Agency (NSA), à travers notamment son programme PRISM, ont montré combien il est vital pour les services de l’État français de conserver la maîtrise de leurs systèmes informatiques.

Les révélations ont montré un espionnage poussé des institutions les plus sensibles de la République, mais aussi des interceptions dans des proportions parfaitement injustifiables. Cet espionnage s’exerce à la fois sur des institutions nationales et européennes et sur les simples citoyens. Exhaustif et intrusif, il s’appuie sur des dispositifs mis en œuvre et financés par l’État américain, mais recourt aussi à des technologies informatiques et à des services web privateurs, édités par des sociétés américaines de droit privé qui collaborent activement, bon gré mal gré, avec la NSA.

Pourtant, dans ce contexte d’atteintes à la souveraineté, à l’indépendance nationale, aux principes fondateurs de notre République que sont la présomption d’innocence et le respect de la vie privée, nous constatons que de nombreuses administrations passent des contrats d’exclusivité avec des entreprises internationales qui font partie de ce réseau d’espionnage de fait.

En matière d’informatique, soit l’on contrôle l’ensemble de son système soit c’est quelqu’un d’autre qui en a le contrôle. Il n’y a pas d’alternative.

En tant qu’association pour la promotion et la défense du logiciel libre, nous sommes particulièrement choqués par le contrat passé entre le ministère de la défense et la société Microsoft (dit contrat Open Bar) qui vient semble-­t­-il d’être reconduit sans appel d’offres, livrant ce ministère clé pieds et poings liés à des intérêts américains.

Non seulement ce choix a été effectué sans mise en concurrence, mais il a consisté à sélectionner une entreprise dont il est établi qu’elle coopère activement et massivement avec les services de renseignement des États­-Unis. Plus généralement, le recours de l’administration française à des technologies privatrices, ici américaines, apparaît d’autant plus choquant qu’il entérine cet espionnage global duquel notre pays et nos concitoyens sont pourtant victimes.

Or la soumission des administrations, des entreprises et des citoyens français à cet état de fait n’est pas une fatalité. Les citoyens ne comprendraient pas que devant ces atteintes profondes et continues à nos principes et nos intérêts les plus précieux, le gouvernement ne mette pas tout en œuvre pour empêcher ces agissements, sans même attendre de réponse de la part des officiels américains.

Des solutions existent : à titre d’exemple, la gendarmerie nationale a mis en place une conversion progressive de son système vers une informatique libre, qui lui assure de rester maître de son système informatique. Nous nous félicitons qu’une administration aussi importante ait fait ce choix d’indépendance et de sécurité, et appelons à la généralisation de cette démarche au sein de l’administration.

Pour faire suite à la circulaire du premier ministre du 19 septembre 2012 qui recommandait aux administrations françaises de prendre en considération le logiciel libre, nous vous demandons de bien vouloir exiger des administrations, et notamment pour les établissements d’enseignement (primaire et secondaire notamment) et l’ensemble des activités éducatives, de mettre en place sans tarder un plan de conversion de leur système informatique. Cela permet de les maîtriser à cent pour cent, soit par des développements internes, soit par l’utilisation de logiciels libres qui sont auditables et dont il est ainsi possible de s’assurer qu’ils ne sont pas sous le contrôle secret, ou discret, d’une entité tierce.

Il nous semble également que par souci d’indépendance, de préservation des intérêts nationaux et du secret­-défense, ainsi que pour acter d’une orientation résolument innovante de l’ensemble des ministères et administrations du pays (défense, justice, police, enseignement, recherche, économie et finances, etc.), le recours aux logiciels libres et aux technologies libres soit généralisé et systématisé.

Il est question ici de la protection des principes fondamentaux de notre République, dont son indépendance technologique et de la préservation de ses intérêts stratégiques, économiques et intellectuels.
___________
*président de l’association nationale de promotion et défense du logiciel libre (April)
____________________________________________________________

L’appauvrissement de l’Europe ou l’arrivée d’un Nouveau Moyen Age

L’Europe traverse une crise socioéconomique profonde, et le nombre des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté a, selon les statistiques officielles, dépassé les 84 millions d’individus. Selon les dernières données de la Commission européenne, 26 millions de personnes sont toujours sans emploi dans l’UE.

Et il s’agit là des chiffres officiels, qui ne prennent pas en compte le grand nombre de migrants illégaux. Selon l’ONG Oxfam, aujourd’hui les 10 % de personnes les plus riches de l’Union européenne possèdent 24 % du total de ses richesses, contre 3 % pour les 10 % d’individus appartenant à la catégorie des plus pauvres. Une telle stratification sociale amène à penser à l’émergence d’un nouveau Moyen Age européen. Les pays qui se trouvent actuellement dans une situation difficile réussiront-il à éviter l’explosion de troubles sociaux et la radicalisation de leur société ?

La paupérisation de la population en Europe est une tendance qui s’accentue. En effet, dans le cadre de la politique d’austérité, les prestations sociales sont réduites, et des programmes de plusieurs milliards visant à venir en aide aux plus démunis sont suspendus. L’initiateur des mesures les plus drastiques est l’Allemagne, pourtant si fière de son statut d’« Etat providence ». Nous assistons en fait à la marginalisation de l’Europe : sur fond de hausse du nombre des migrants et d’augmentation du chômage, les forces d’extrême- droite se consolident et le niveau de vie baisse inévitablement. « Dans certains des pays les plus touchés par la crise, nous observons une montée de l’extrémisme, de la démagogie et des préjugés. En stimulant la croissance économique, il ne faut pas oublier celle de la justice», selon Luca Jahier, président du Comité économique et social européen, dont les propos sont relayés par l’agence ITAR- TASS. Pendant ce temps, seuls 31 % de la population de l’Union européenne croit aujourd’hui en l’idée d’une Europe commune.

Selon les estimations de la Commission européenne elle-même, le processus de sortie de crise en Europe pourrait se prolonger encore durant les 10 prochaines années. Cela indique que dans les années à venir, la situation ne devrait pas s’améliorer, estime Boris Chmelev, directeur du Centre de politique étrangère de l’Académie des sciences de Russie :

« Tout ce qui se passe actuellement en Europe est très mal vécu par la population. Les perspectives des citoyens européens sont à présent réduites. Personne ne sait ce qui l’attend demain ou le jour suivant. Cela provoque une certaine irritation, et des sentiments xénophobes dans de nombreux pays, qui voient dans les étrangers qui travaillent chez eux des concurrents qui leur retirent le pain de la bouche. Et cela, bien sûr, affecte l’équilibre des forces politiques dans ces pays. Toutes les institutions démocratiques en Europe subissent aujourd’hui une forte pression. »

Boris Chmelev estime que le système de protection sociale dans les grands pays de l’UE permet d’amortir le choc, mais jusqu’à un certain degré. Et avec la montée du mécontentement et la progression des mouvements d’extrême-droite, ce n’est pas seulement l’avenir de l’UE qui est en jeu mais aussi celui du système démocratique dans son ensemble. Les pays européens en faillite – la Bulgarie, la Grèce, l’Espagne – sont les plus exposés aux dangers de troubles sociaux. Cependant, dans ces pays, on est plus habitué à la pauvreté qu’en France ou au Royaume-Uni, d’ordinaire plus à l’aise. Or ce dernier a déjà annoncé l’organisation d’un référendum pour sortir de l’UE.

Mikhaïl Krylov, expert en économie et directeur du département d’analyse chez United Traders, est optimiste dans ses prévisions. Il estime que l’on est loin des émeutes alimentaires en Europe, et que l’économie a déjà donné des signes de reprise. Cependant, il reconnaît que cette croissance ne touchera que les pays les plus solides de l’UE :

« L’Europe, dans l’avenir, se prépare à faire face à une croissance inégale, et peut-être à un débat sur l’intérêt du maintien de la zone euro, débat qui n’est cependant pas nouveau. Et je dois dire que le fait que cette zone se soit construite en réponse aux intérêts de l’Allemagne n’est pas un danger pour elle, car l’Allemagne a justement intérêt à sa conservation. »

L’explosion sociale peut être évitée dans les pays où la classe moyenne est le garant de la stabilité, selon Tatiana Razumova de la Faculté d’Economie de l’Université de Moscou. Mais il n’existe pas partout de classe moyenne suffisamment stable. Et en fin de compte le bien-être dépendra du développement économique. Cependant, on peut espérer qu’en raison de la crise, l’afflux de migrants va décroître et que les Européens se montreront moins exigeants dans le choix de leur profession, se substituant sur le marché du travail à une partie des migrants.

Les critères de pauvreté sont bien entendu différents en Europe et en Afrique. Mais la représentation du bien-être et du niveau de vie acceptable dans une ville européenne et dans un village africain sont tout à fait comparables. Les sentiments d’humiliation et de privation sont les mêmes dans les deux cas. Les Européens accepteront-ils cet état de choses ? Lors des élections au Parlement européen, qui se tiendront en mai 2014, on assistera sans doute à une manifestation record de l’apathie politique intégrationniste des Européens.

source = http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article04/EFlyAkukApsBjREkcE.shtml

GRAND HOMME. Voici l’homme le plus bon, le plus juste et le plus sincère au monde

Allain Jules

MONTEVIDEO, Uruguay – Qui est donc cet homme qui serait le plus bon, le plus juste et surtout le plus sincère ? Il a 78 ans, vit dans la banlieue de Montevideo, dans une petite ferme entourée de champs de chrysanthème. C’est José Mujica, le président de l’Uruguay. Il ne vit pas dans un palais, se déplace sans cortège, fait don de la majeure partie de son salaire à des projets sociaux,  roule toujours dans sa vieille Volkswagen Coccinelle et est sans fioritures.

Voir l’article original 278 mots de plus

Etats-Unis : ces vielles lois farfelues qui ont toujours cours

Réseau International

A côté de certaines de ces lois, la charia la plus caricaturale devient progressiste…

Il y a de tout, des plus hilarantes aux plus débiles. Certaines sont si ahurissantes qu’on se demande ce qui a bien pu les faire mettre en place.

Retenez-en quelques-unes, pour épater votre tablée en ces jours de fêtes de famille.  

Voir l’article original 2 642 mots de plus

En cas de crise, les banques pourront prélever les dépôts des épargnants

===

CounterPsyOps

image

Les représentants de l’Union européenne ont décidé de mettre à contribution les épargnants à partir de 2016.

Après la ponction des épargnants chypriotes cette année et l’idée émise par le FMI d’une supertaxe de 10% sur le patrimoine, l’Europe vient d’entériner la participation des déposants au renflouement des banques en cas de crise grave. L’accord, scellé mercredi 11 décembre, est passé relativement inaperçu, alors qu’il pourrait être d’une importance capitale pour les épargnants.

Les Européens se sont mis d’accord sur une loi prévoyant des règles de renflouement interne des banques, ou « bail-in », afin d’éviter de faire participer les Etats au sauvetage des établissements financiers.

« Grand pas franchi ce soir: accord #BRRD pour 28 », a écrit sur son compte twitter le commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier, en référence à la directive sur le sauvetage des banques. « Contribuables ne seront plus premiers à payer pour erreurs des banques », a-t-il ajouté.

Voir l’article original 504 mots de plus