Accord de libre-échange transatlantique : la démocratie en danger !

Alors que s’est ouvert hier la deuxième session de négociation d’un Pacte transatlantique sur le commerce et l’investissement (PTCI) entre les États-Unis et l’Europe, l’Aitec et Attac alertent sur les risques qu’implique un tel accord pour les droits fondamentaux des citoyens d’Europe et d’Amérique. Elles publient à cette occasion une lettre d’interpellation adressée à la Ministre du commerce extérieur N. Bricq[1] demandant au gouvernement  de suspendre leur engagement dans ce processus tant qu’un véritable débat public n’a pas eu lieu et que les documents négociés et positions du gouvernement français ne sont pas rendus publics.

En effet, ces négociations, comme celles de l’Accord avec le Canada, se sont engagées dans la plus grande opacité : ni l’opinion publique ni ses représentants n’ont eu accès au mandat de négociation. A contrario, les entreprises et leurs groupes d’intérêt jouissent d’un accès privilégié aux négociateurs européens, puisque sur 130 réunions organisées avec les « parties prenantes », l’organisation CEO nous apprend que la Commission européenne a reçu 119 fois les représentants des multinationales[2].

Nos organisations unissent leurs voix pour dénoncer ce processus anti-démocratique, à celles de dizaines d’autres organisations au niveau français, européen et aux Etats-Unis. Elles s’engagent à faire connaître d’ores et déjà les dangers sociaux, environnementaux et sanitaires que comporte cet accord et interpeller leurs députés sur les enjeux de cet accord. 

Un accord qui vise avant tout l’harmonisation des normes

Cet accord s’attaque aux droits de douanes, en particulier dans les secteurs où ils sont restés importants, comme dans l’agriculture. Mais il vise avant tout une harmonisation des règles en matière de production agricole ou industrielle, protection des données numériques et licences, mesures de prévention des risques environnementaux et sanitaires, etc. Sous couvert de cette harmonisation, le PTCI menace en réalité des choix collectifs historiques en France. Qu’en sera-t-il, par exemple, de l’interdiction d’exporter vers l’Union européenne de la volaille désinfectée avec des solutions chlorées ou du bœuf aux hormones ? Des réglementations sur les produits chimiques (telle que la directive REACH), beaucoup plus contraignantes en Europe qu’aux États-Unis ? Ces risques sont clairement avérés dans un rapport commandité par la Commission ENVI du Parlement européen qui recommande aux parlementaires européens de redoubler de vigilance quant aux risques pour l’Europe de perdre ses standards de protection dans le domaine de l’environnement et de la sécurité alimentaire[3].

Un accord qui consacre la suprématie des droits des investisseurs sur nos droits démocratiques

D’après les fuites, le mandat inclurait l’inacceptable mécanisme d’arbitrage des différends États-investisseurs. Ce type de mécanisme, dit de « protection des investissements », ouvre le droit à une entreprise de poursuivre un État ou une collectivité locale si une réglementation fait entrave au commerce et la prive de bénéfices escomptés ; le différend sera arbitré par un panel d’experts privés, de façon discrétionnaire et en dehors des juridictions publiques nationales, régionales ou multilatérales. Les entreprises multinationales accéderaient ainsi à un puissant outil pour contester et décourager toutes décisions politiques affectant leurs profits. Nos organisations viennent à ce titre de publier un rapport « Une déclaration transatlantique des droits des entreprises »[4] alertant sur ces dangers et les risques de voir une inflation de ces conflits. Il revient sur certains cas emblématiques telles que les poursuites du géant du tabac Philip Morris contre l’Uruguay et l’Australie relatives aux avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes ou la plainte récemment déposée par la société états-unienne Lone Pine contre le Québec concernant son moratoire sur l’extraction (fracturation) controversée du gaz de schiste.

Un accord qui aura des répercussions mondiales

En outre, les retombées de cet accord dépassent largement nos frontières puisqu’il s’agit à terme d’articuler l’AECG (Accord économique et commercial global) entre l’Union européenne et le Canada et le PTCI pour aboutir à la construction d’une vraie zone de libre-échange transatlantique qui couvrirait plus de la moitié de l’économie  mondiale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard de calendrier si le 18 octobre dernier a été acté publiquement un accord politique sur l’AECG. La négociation parallèle d’un accord de commerce et d’investissement entre les États-Unis et 12 pays de zone Pacifique (TPPA) permettra encore d’élargir la superficie et l’hégémonie de ce « supermarché » global, afin à terme d’imposer ses règles à l’ensemble de la planète.

Le Commissaire européen au commerce, Karel De Gutch, ne s’en cache d’ailleurs pas : « Avec le Canada, ces deux pays nous donneront la masse critique – plus de la moitié de l’économie mondiale – qui nous permettra d’élaborer des normes qui ont vocations à devenir mondiales » (K. De Gutch, entretien dans Libération du 29 octobre 2013)

Les enjeux de cet accord sont donc gigantesques. Mais pour quels bienfaits ? Appliquant les projections très optimistes proposées dans l’étude d’impact préalable commandée par la Commission européenne[5], l’économiste Dean Baker, du Center for Economic and Policy Research, basé à Washington, a conclu que le PTCI générerait une augmentation moyenne de pouvoir d’achat individuel… de 50$ annuels, ou 15 cents par jour ! Nos droits les plus fondamentaux ne valent-ils pas plus que ça ?

===

L’Europe (dé)nucléarisée

Il existe bien des moyens de violer le Traité de non-prolifération nucléaire. Les États-Unis en ont choisi un fort discret : ils modernisent leurs bombes et, via l’Otan, les confient à leurs alliés.

===

Les États-Unis ont commandé à Boeing 400 exemplaires de la bombe thermo-nucléaire B61 Mod 12.

JPEG - 18.3 ko

===

Les projecteurs des médias sont braqués sur Genève, où sont en cours des entretiens pour dénucléariser l’Iran, qui ne possède pas d’armes nucléaires et adhère au Traité de non-prolifération. Israël reste par contre dans l’ombre, bien que possédant des centaines d’armes nucléaires pointées sur l’Iran et d’autres pays, et n’adhérant pas au Traité de non-prolifération.

Plus encore dans l’ombre reste le fait que les États-Unis, tandis qu’ils sont engagés à Genève à dénucléariser l’Iran, nucléarisent l’Europe en potentialisant les armes conservées en Allemagne, Italie, Belgique, Hollande et Turquie. Ce sont environ 200 bombes B-61, qui s’ajoutent aux plus de 500 têtes nucléaires françaises et britanniques prêtes au lancement. Selon une estimation basse, il y en a en Italie 70 à 90, stockées à Aviano (Frioul) et Ghedi Torre. Mais il pourrait y en avoir davantage, même dans d’autres sites. On ne connaît pas davantage le nombre d’armes nucléaires qui se trouvent à bord des unités de la Sixième flotte et autres navires de guerre qui jettent l’ancre dans nos ports.

Ce qu’on sait officiellement c’est qu’à présent les munitions des B-61 seront transformées de bombes à chute libre en bombes « intelligentes » qui, grâce à un système de guidage satellite et laser, pourront être larguées à une grande distance de l’objectif. Les nouvelles bombes nucléaires à guidage de précision, dont le coût prévu est de 8-12 milliards de dollars pour 400-500 bombes, auront une puissance moyenne de 50 kilotons (environ quatre fois la bombe d’Hiroshima).

D’autres aspects, sortis d’une audition de la sous-commission du Congrès sur les forces stratégiques (29 octobre), éclairent de façon plus inquiétante encore toute l’affaire. Washington assure que « l’Otan restera une alliance nucléaire » et que, « même si l’Otan s’accordait avec la Russie pour une réduction des armes nucléaires en Europe, nous aurions toujours l’exigence de compléter le programme de la B61-12 ». La nouvelle arme remplacera les cinq variantes de l’actuelle B61, y compris la bombe pénétrante anti-bunker B61-11 de 400 kilotons, et la maxi-bombe B83 de 1 200 kilotons. En d’autres termes, elle aura la même capacité destructrice que ces bombes plus puissantes. En même temps, la B61-12 « sera intégrée avec le chasseur F-35 Joint Strike Fighter », fait doublement important car « le F-35 est destiné à devenir le seul chasseur à double capacité, nucléaire et conventionnelle, des forces aériennes des États-Unis et de nombreux pays alliés ». Celle qui va arriver bientôt en Italie et dans d’autres pays européens n’est donc pas une simple version modernisée de la B-61, mais une arme polyvalente qui aura la fonction de plusieurs bombes, y compris celles projetées pour « décapiter » le pays ennemi, en détruisant les bunkers des centres de commandement et d’autres structures souterraines lors d’une première frappe nucléaire.

Comme les bombes anti-bunkers ne sont pas aujourd’hui déployées en Europe, l’introduction de la B61-12, qui accomplit aussi leur fonction, renforce la capacité offensive des forces nucléaires USA/Otan en Europe. Les pilotes italiens – qui sont entraînés à l’utilisation des B-61 avec les chasseurs Tornado, comme cela s’est fait dans la manœuvre « Steadfast Noon » qui s’est déroulée à Aviano et Ghedi dans la seconde moitié d’octobre, seront sous peu entraînés à l’attaque nucléaire avec les F-35 armés de B61-12. De cette façon l’Italie viole le Traité de non-prolifération qui l’engage à « ne pas recevoir de qui que ce soit des armes nucléaires ». Et les États-Unis le violent parce qu’ils se sont engagés à « ne pas transférer à qui que ce soit des armes nucléaires ni le contrôle sur de telles armes ».

Mais tout cela ne se voit pas parce que les projecteurs des médias sont braqués sur le show de Genève.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

===

source = http://www.voltairenet.org/article180986.html

L’INNOCENCE ASSASSINÉE. Syrie: les photos de 4 enfants assassinés hier à Damas

===
De la force de la raison, aux raisons de la force.

Allain Jules

Le tort sans doute d’être des chrétiens. Le tort d’être du côté de la vérité et de la Syrie, la vraie, pas celle vendue aux intérêts extérieures. Le tort d’aller à l’école. Des églises attaquées, hier, l’église de la Croix, qui a fourni les photos des enfants tués, et l’église « Kirillos ». Et dire que notre Gouvernement soutient ces monstres !

Voir l’article original 38 mots de plus

Laurent Fabius : nouveau Ministre des Affaires Etrangères d’Israël ?

Réseau International

f130825ffmis06Les négociations de Genève sur le nucléaire iranien se sont terminées sans qu’aucun accord n’ait été trouvé. A qui la faute ? Laurent Fabius.

Quel est l’intérêt de la France dans cette affaire ? Elle a tout à gagner dans la normalisation des relations avec l’Iran. Même si elle a déjà beaucoup perdu à cause de son hostilité difficilement justifiable vis-à-vis de l’Iran, le statu quo ne peut qu’aggraver ses pertes. Alors, qu’est-ce qui anime  Laurent Fabius ?

Depuis quelques semaines, Benyamin Netanyahou se démène comme un beau diable pour donner ses directives à ses négociateurs, c’est-à-dire les Etats-Unis, la Grande Bretagne, l’Allemagne et la France, menaçant, amadouant, usant même peut-être du chantage, pour faire capoter les pourparlers. Il l’a dit lui-même ouvertement, qu’Israël ferait tout pour convaincre les grandes puissances de ne pas conclure un accord avec Téhéran et qu’il ne reconnaîtrait aucun accord. La seule décision acceptable pour lui, concernant Téhéran…

Voir l’article original 659 mots de plus

VIDEO. Etats-Unis : boum des commandes de voitures blindées par les stars et les riches

venant de la ! il ne peut être question que de psychoses, de névroses … ===

Allain Jules

bruce-lee-2

Le site Bloomberg rapporte que le Texas Armoring, une société basée à San Antonio, au Texas, qui se spécialise dans le blindage des véhicules pour les riches, connaît un boom sans précédent de ses prestations hautes en couleurs. Elle peut faire de votre véhicule, une véritable forteresse. Ambiance.

Voir l’article original 270 mots de plus