Dossier « 11 septembre : le cancer du doute »

Dans un petit ouvrage salutaire intitulé Principes élémentaires de propagande de guerre, l’historienne Anne Morelli recommande, innombrables exemples à l’appui, de pratiquer avec assiduité le doute systématique face à toute communication gouvernementale, que ce soit en temps de guerre froide, chaude ou tiède. Après les attentats du 11 septembre 2001, qui ont suscité de la part de l’Occident, et des États-Unis en particulier, une déclaration de guerre indéfinie et sans fin contre le terrorisme, cette dernière notion prend d’ailleurs tout son sens. Comment nier que c’est bien dans une communication de guerre, et par conséquent dans la propagande, que les autorités états-uniennes ont versé dès le jour des attentats ? On se souvient peu aujourd’hui que dans le sillage du 11-Septembre, le ministre de la Défense Donald Rumsfeld avait créé un « Office of Strategic Influence » (i) ouvertement chargé de concevoir et diffuser une propagande de guerre qui donnerait l’avantage aux États-Unis dans leur ‘guerre contre le terrorisme’.

Cependant, dans le cas du 11-Septembre, bien plus qu’un devoir ou une nécessité, le doute s’est très vite imposé comme une évidence, tant l’ensemble des aspects de cet événement historique a été de nature à susciter la suspicion. Que cette tragédie, au-delà du choc qu’elle infligeait à une nation, soit tombée à pic pour une partie de ses dirigeants, personne n’en doute encore réellement. La direction qu’a prise la politique internationale des États-Unis après le 11-Septembre ressemblait trait pour trait à ce que les poids lourds de la future administration Bush avaient esquissé dans le cadre du Project for the New American Century (ii). Mieux, les guerres qui ont résulté des attentats étaient souhaitées, voire préparées, bien avant l’événement, comme le souligne Paul Lannoye dans son article. Mais de là à penser que ces mêmes dirigeants auraient laissé faire, favorisé, voire en partie organisé ce crime spectaculaire, il y a un pas douloureux, qu’il convient de bien considérer avant d’éventuellement se décider à le franchir.

En effet, les implications d’un tel scénario seraient tellement vertigineuses qu’elles incitent certains, consciemment ou non, à refuser tout net de simplement l’envisager. Sans tirer de conclusions hâtives, il est utile de soupeser les implications possibles et de les évaluer, tel le scientifique qui formule des hypothèses, valide celles qui se vérifient et invalide les autres pour construire un modèle théorique.
Si vraiment une partie du pouvoir états-unien a trempé dans cette abomination, tous les beaux discours sur l’exportation de la démocratie et la lutte contre les dictateurs seraient réduits à des bobards à géométrie variable qui cachent mal une soif de pétrole et de domination géopolitique. Mais ça, on commençait à s’en douter, même sans l’éclairage du 11-Septembre.
Par contre, cela pourrait en outre signifier que les États-Unis ont besoin d’ennemis pour perpétuer leur domination et justifier le modèle qui la sous-tend, et que partagent leurs nombreux alliés, en particulier au sein de l’OTAN. Cela impliquerait également que la démocratie telle que nous la connaissons est profondément viciée, et qu’un théâtre qui joue avec nos vies serait mis en scène par des intérêts hors de tout contrôle. Ultimement, cela signifierait que ceux vers lesquels nous nous tournons instinctivement pour notre sécurité en cas de détresse, nos dirigeants, peuvent être nos ennemis.

Au vu de la douloureuse ampleur de ces implications, il est vital d’en avoir le coeur net : s’il y a le moindre doute, il faut remuer ciel et terre pour établir la vérité. Et malheureusement, les doutes sont légion. D’une part, il y a de nombreux précédents d’opérations sous fausse bannière ouinside jobs, comme l’explique dans ce dossier l’historien suisse Daniele Ganser, y compris et en particulier de la part des puissances démocratiques. Il y a aussi de nombreuses incohérences factuelles ou zones d’ombre qui subsistent dans la version officielle des attentats, de l’aveu même de certains de ses défenseurs. Enfin, le doute est fondé aussi au vu de l’attitude du pouvoir états-unien, à qui les familles des victimes et l’opinion publique ont dû forcer la main pour obtenir une enquête tardive, et dont le résultat est à tout le moins indigent, comme l’ont reconnu par la suite une majorité de membres de la Commission d’enquête officielle.

Quand bien même le doute serait infondé, il est devenu une réalité qui atteint une partie substantielle de l’opinion mondiale et des nations démocratiques. Or la confiance qu’accordent les peuples aux dirigeants qu’ils élisent est par définition la base même d’une démocratie saine. Cette confiance est actuellement gravement mise à mal par toute une série d’événements récents qui font douter les peuples de la teneur démocratique des pays occidentaux : mensonges avérés sur les mobiles de la guerre en Irak et des suivantes, sauvetages ruineux des banques en crise au détriment des dispositifs sociaux les plus élémentaires, remise en cause des principes même du fonctionnement de la démocratie dans son berceau grec – et demain peut-être au-delà – par la délégation de la prise de décisions cruciales à des instances non élues, et la liste ne s’arrête pas là. Dans le monde actuel, les raisons de se défier des gouvernements démocratiques ne manquent pas. A ce titre, il serait vital que ceux-ci commencent à prendre en compte l’existence et l’ampleur de cette défiance, et à donner au moins l’impression d’une volonté de l’entendre et de la réduire par des gages de bonne foi. Or, notamment dans le cas du 11-Septembre, c’est au contraire que l’on assiste. Le doute légitime est systématiquement décrédibilisé, voire ridiculisé, et plus largement, la résistance aux divers reculs démocratiques est criminalisée dans une mesure croissante. Notons que le 11-Septembre a signé le déclin du mouvement altermondialiste et a fait reculer les libertés individuelles dans le monde ‘libre’. Si l’on ne s’étonne même plus d’apprendre que la NSA états-unienne est à la Stasi est-allemande ce que le TGV est à la bicyclette, c’est que la situation est grave.

Grave, mais pas désespérée. La défiance croissante est aussi un signe de réveil, d’une prise de responsabilité de la part des opinions qui demandent désormais des comptes aux pouvoirs, qui leur en doivent. Les sceptiques du 11-Septembre, souvent qualifiés de ‘conspirationnistes’, ne sont pas les ennemis de la démocratie que certains voudraient faire d’eux. Bon nombre d’entre eux ne demandent qu’à croire que les États-Unis ont été surpris par une attaque sur leur sol, et au-delà, que la démocratie telle que nous la connaissons peut encore être sauvée. Simplement, devant la gravité de l’événement et de ses implications, ils demandent que leurs questions soient entendues, et qu’on leur fournisse des preuves solides qui soient de nature à lever le moindre doute. En regard d’un crime qui a fait reculer la paix dans le monde, les libertés démocratiques, et les perspectives de développement autonome de toute une série de pays, leur revendication ne paraît pas extravagante.

Olivier Taymans

Coordinateur du dossier

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source = http://www.reopen911.info/News/2013/10/24/dossier-11-septembre-le-cancer-du-doute-dans-le-dernier-numero-du-journal-belge-kairos/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Reopen911-News+%28ReOpen911+-+News%29

On pratique toujours la torture à Guantánamo

Maître James Connell, avocat d’Ammar al-Baluchi, détenu à Guantánamo et âgé de 36 ans, affirme que son client a été torturé durant des années.

Me Connell s’appuie sur deux documents médicaux non-classifiés qui font état de probables tortures. Cependant, selon le procureur Clay Trivett, tout ce qui concerne les interrogatoires est classé comme « sources et méthodes » de la CIA. Le secret s’applique également aux interrogatoires pratiqués dans les prisons secrètes off shore, sur des bateaux de la Navy en eaux internationales. L’avocat ne peut donc ni évoquer les occasions, ni les manières dont son client aurait pu être torturé.

Me Connell a demandé que le président de la Cour militaire vienne inspecter la cellule du prisonnier au camp 7 de Guantánamo (la partie secrète de la CIA). Mais le juge militaire s’y est refusé car officiellement, on n’y pratique plus la torture.

Ammar al-Baluchi est un ressortissant yéménite. Il a été arrêté au Pakistan le 29 avril 2003, puis détenu illégalement et torturé dans une prison secrète de la CIA durant plus de deux ans. Il a été transféré le 6 septembre 2006 à Guantánamo où il est détenu illégalement depuis 7 ans.

Selon la Commission d’enquête présidentielle sur les attentats du 11-Septembre, Ammar al-Baluchi aurait acheté les billets et donné toutes sortes d’indications sur la vie aux États-Unis aux pirates de l’air. Il aurait également servi d’hommes de paille dans divers transferts d’argent.

Le cas d’Ammar al-Baluchi avait été évoqué lors des débats sur la possible fermeture de Guantánamo. Le sénateur Mitch McConnell avait conclu qu’il faudrait le libérer à la fermeture du camp, faute d’avoir des charges sérieuses contre lui.

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source = http://www.voltairenet.org/article180687.html

Syrie : Nouveaux slogans de paix pour mieux continuer la guerre

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les amis de mes amis, sont ils mes amis ou mes ennemis ?
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Réseau International

559988-syrian-opposition-chief-jarba-speaks-at-a-news-conference-in-londonLa rencontre de ceux qui s’appellent ‘’les amis de la Syrie’’ à Londres a débouché sur un communiqué final dont le contenu montre toutes les intentions belliqueuses de ses participants. Le groupe, formé de 11 pays, les Etats-Unis, la Turquie, la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Egypte, les Emirats arabes unis, le Qatar, la Jordanie et l’Arabie saoudite, remet sur le tapis des velléités ‘’de changement de régime’’  et brandit à nouveau l’option militaire (sous-entendu : intervention étrangère). Il n’y a donc rien de changé au programme.  On remarquera au passage que le programme reste aussi le même pour l’Egypte avec ou sans Morsi.

Parallèlement, on entend des discours lénifiants de John Kerry nous assurant qu’il « n’y a pas de solutions militaires » en Syrie, en même temps que des groupes de combat dits modérés, ceux qui bénéficient officiellement de toute l’aide militaire extérieure, réclament encore plus d’armes et de soutien.

Pas de…

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Sous le règne de Flamby

< Moi, Président d’ une République > …. laquelle ?
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Réseau International

hollande-Moi-président« Moi Président de la République… « 

Personne n’a oublié cette tirade grandguignolesque où Flamby jouait les parangons de vertu face à un Sarko pâlichon. Tirade qui annonçait le retour théâtral d’une gauche moralisatrice plus mielleuse que jamais. Mais de mensonges en reniements, sur le plan moral, les français ont été servis. Citons : le passage aux aveux du « Chevalier blanc » Cahuzac – un fraudeur hors pair qui devait incarner le contribuable exemplaire ; des promesses de lutte contre la barbarie financière enterrées ; des ennemis caressés dans le sens du poil comme les milliardaires du CAC 40 ; des réformettes poltronnes et injustes comme celle des retraites ou celles reconduisant les privilèges des cumulards du parlement et des heureux employés d’Edf ; une guéguerre néocolonialiste au Mali ; un alignement servile sur la politique étrangère américaine qui aurait pu déclencher l’explosion du Moyen Orient ; une loi scélérate sur les plans sociaux pondue…

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L’ÉTAT VOYOU OU LE CAPO DI CAPO

De l’État providence, à l’État fraudeur, à l’État policier
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Réseau International

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La dette souveraine d’un croque-mitaine

 

À l’automne 2013, le gouvernement américain insolvable a tenu le monde financier en haleine en refusant de rembourser ses créanciers. La crise s’est finalement résorbée quand le Congrès étatsunien a accepté d’emprunter encore d’avantage, alourdissant un  découvert qui ne sera jamais couvert, comme chacun l’aura subodoré.

Tous les pays du monde doivent créances auprès des banques. Cette situation généralisée serait donc normale et tolérable, mais est-elle inévitable ? Cette situation est inévitable ! Le fait que tous les pays doivent de l’argent n’est pas du tout rassurant et cet endettement catastrophique est totalement inévitable en économie capitaliste du moins. Deux définitions suffiront à comprendre de quoi il retourne quand les économistes de service supputent à propos de la dette publique (1).

La dette souveraine est, dans le domaine des finances publiques, l’ensemble des engagements financiers pris sous forme d’emprunts par un État souverain ainsi que par les…

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INJUSTICE – LIBYE. La fille d’Abdallah al-Senoussi parle : « J’en appelle à la France »

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Allain Jules

Anour al-SenoussiCe jeudi 24 octobre, la Chambre d’accusation du tribunal de Tripoli doit statuer sur le sort judiciaire d’une vingtaine de caciques du régime déchu de Mouammar Kadhafi. A commencer par Seïf al-Islam, fils cadet et héritier présomptif du défunt Guide et Abdallah al-Senoussi, patron des services de renseignement et beau-frère par alliance de ce dernier, arrêté à l’aéroport de Nouakchott (Mauritanie) le 17 mars 2012 en possession d’un faux passeport malien, et extradé vers la Libye le 5 septembre de la même année.  

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Progression du FN ? Des salves de sondages en guise d’enquêtes

À la faveur de l’élection cantonale de Brignoles, dans le Var, remportée le 13 octobre dernier par le Front national, le parti présidé par Marine Le Pen a focalisé l’attention médiatique et s’est retrouvé au centre de l’actualité politique. Il faut dire que lorsqu’il s’agit du FN, les médias ne sont jamais avares de scoops, de sensationnalisme et de « prévisions » apocalyptiques fondées sur des sondages oiseux [1]. En cet automne, alors que depuis plusieurs mois le Front national enregistre indéniablement des succès, sinon électoraux, du moins politiques, ce sont encore quelques sondages qui fournissent la matière première de la promotion médiatique de la formation d’extrême droite.

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Ainsi du Figaro, micro-sondage en ligne à l’appui, qui fournissait bien sûr une réponse massivement positive à une question grossièrement orientée (« L’élection cantonale de Brignoles préfigure-t-elle une vague FN pour les municipales ? ») ; de France Tv Info (« Cantonale à Brignoles : quelles leçons en tirer pour les élections de 2014 ? ») ; du Nouvel Observateur (« Le FN l’emporte à Brignoles : les leçons du scrutin ») ; ou de France Info (« Le FN à Brignoles : victoire locale, test national ? ».

Plus catégoriques et imprudents encore : La République du Centre (« Brignoles : le FN a remporté l’élection test très attendue ») ; le site Huffington Post (« Brignoles : le FN vole vers la victoire, un scrutin test pour l’avenir ») ; Paris Match (« Brignoles. L’avertissement ») ; ou encore, Françoise Fressoz, du Monde, qui, sur son blog, qualifie d’« autruches » ceux qui ne cèderaient pas à ses injonctions catastrophistes (« Brignoles : trois voix pour dire “Réveillez-vous” ! »).

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Ce qui n’a pas empêché Le Parisien, L’Express ou Les Échos de reprendre « le scoop » tel quel…

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Ce qui donne ce titre incompréhensible : « Sondage exclusif : le FN « créera la surprise » aux municipales », suivi de ce chapeau stupéfiant : « Pour 67% des Français […] le Front national est le parti qui créera la surprise aux prochaines élections municipales. La déception, quant à elle, viendra du PS, pour 52% des sondés. Marine Le Pen obtient de son côté son meilleur résultat jamais atteint dans notre baromètre. » Entre astrologie et pari mutuel, l’industrie sondagière et le journalisme politique ont incontestablement un avenir radieux.

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Il ne s’agit évidemment pas ici de nier que le Front national connaît depuis plusieurs années, comme les partis d’extrême droite ailleurs en Europe, une progression inquiétante, ni qu’il est en position de réaliser d’excellents scores lors des prochains rendez-vous électoraux. Néanmoins, cette montée du FN ne justifie pas, bien au contraire, les alarmes sondagières tirées à tort et à travers par les grands médias à l’approche de chaque élection, sans autre perspective que de réaliser « un coup » éditorial et si possible commercial. Ces prophéties répétées annonçant un FN triomphant pourraient même finir par devenir auto-réalisatrices. Ou pour le dire autrement, la surexposition médiatique artificielle du parti d’extrême droite et de sa présidente, au moindre de leurs succès dans les urnes, ou dans les arrière-salles des sondeurs, contribue à les installer au cœur du jeu politique. Bref, s’il leur prenait l’envie d’enquêter plutôt que de gloser sur des sondages biaisés, les médias devraient aussi se pencher sur leur propre rôle dans cette progression régulière du Front national…

Blaise Magnin

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source = http://www.acrimed.org/article4173.html